النص الأصلي بالفرنسية
Les portraits s’alignent les uns à côté des autres, chacun possédant sa force, son caractère, son lot de provocation et d’ambiguïté. Ils sont pour la plupart en noir et blanc, contemplatifs et dynamiques. Il l’avoue volontiers, ses photos veulent choquer plus que séduire, dévoiler, étonner, mais sans basculer dans l’excès. Chacune de ses photographies flirte avec le danger, suggère plus qu’elle ne montre, pour finir par s’exprimer avec force.
C’est presque un jeu entre le photographe et le modèle, un jeu d’acteurs et d’intimités. Il suffit de mettre la personne à l’aise pour qu’elle expose sa vraie nature, pour qu’elle tombe le masque. Il n’y a aucun impératif, les personnes choisissent leur accoutrement, quitte à jouer un temps la comédie.
Photographe de mode, Karim Ramzi capture dans ses portraits la personnalité des gens, une fois affranchis de leurs tabous sociaux. Il cherche la nature humaine, en toute liberté.
Le déguisement est déjà en soi quelque chose de révélateur, la mise en scène une excuse pour se montrer à nu. « C’est quatre-vingt pour cent de psychologie pour vingt pour cent de technique. Tout le reste, c’est de l’improvisation. » Il laisse faire, met en confiance, les laisse exprimer ce qu’ils désirent, que ce soit de la sensualité ou de la masculinité, de la retenue ou de l’extravagance.
Car il cultive aussi les contrastes, les paradoxes. Chaque photographie est un affrontement en même temps qu’une délivrance. Les natures se dévoilent, se déshabillent, s’affirment en fin de compte, avec pudeur et exubérance.
Mais une fois capturées, il sait que ces images n’ont qu’une vocation, celle de faire rêver, celle de surprendre. Son inspiration, il la trouve directement chez les personnes qu’il photographie. C’est eux qui font tout le travail. Il est conscient de ne vendre que du rêve par procuration, de faire que les gens deviennent des stars, l’espace d’une journée.
Yoshiaki MimuraParis, France